Fausses promesses : L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA)

AGRA
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AGRAUne nouvelle étude réalisée par une vaste alliance de la société civile conclut que l’alliance agricole n’a pas atteint ses propres objectifs.

https://www.rosalux.de/en/publication/id/42635

Une étude internationale publiée par Rosa-Luxemburg-Stiftung, Biba, Bread for the World, FIAN Germany, Forum on Environment and Development, INKOTA-netzwerk, IRPAD, PELUM Zambia, Tabio et TOAM documente les impacts négatifs dramatiques de l’Alliance pour une révolution verte (AGRA) sur les petits producteurs de denrées alimentaires dans les 13 pays africains sur lesquels l’initiative se concentre.

L’AGRA a été fondée en 2006 pour donner un nouvel élan à la lutte contre la faim en Afrique grâce à une approche de « révolution verte » menée par les entreprises. Elle a promis de doubler les rendements agricoles et les revenus de 30 millions de ménages de petits producteurs de denrées alimentaires d’ici 2020, réduisant ainsi de moitié la faim et la pauvreté dans les pays concernés. Pour atteindre ces objectifs, l’AGRA a reçu plus d’un milliard de dollars américains, principalement de la Fondation Bill et Melinda Gates, mais aussi de gouvernements tels que les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne. L’étude dresse un bilan résolument négatif de l’AGRA : les augmentations de rendement des principales cultures de base dans les années précédant l’AGRA ont été aussi faibles que pendant l’AGRA. Au lieu de réduire la faim de moitié, la situation dans les 13 pays concernés s’est aggravée depuis le lancement de l’AGRA. Le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 30 % au cours des années AGRA.

L’étude montre également que l’AGRA nuit en fait aux petits producteurs de denrées alimentaires, par exemple en les soumettant à des niveaux d’endettement élevés. En Zambie et en Tanzanie, les petits producteurs de denrées alimentaires n’ont pas été en mesure de rembourser les prêts pour l’achat d’engrais et de semences hybrides après la première récolte. Les projets de l’AGRA limitent également la liberté de choix des petits producteurs de denrées alimentaires, qui peuvent décider eux-mêmes de ce qu’ils veulent cultiver. Cela a des conséquences dramatiques sur la diversité des cultures. L’AGRA se concentre sur la culture unilatérale du maïs. Les cultures traditionnelles, résistantes au climat et riches en nutriments, ont donc diminué. Selon l’étude, la production de millet a chuté de 24 % dans les 13 pays ciblés par l’AGRA entre 2006 et 2018. En outre, l’AGRA fait pression sur les gouvernements au nom des entreprises agricoles pour qu’ils adoptent des lois qui profiteront aux producteurs d’engrais et aux semenciers au lieu de renforcer la production alimentaire à petite échelle et les structures alternatives. Elle est d’ailleurs courtisée par les gouvernements du monde entier pour ce service précisément.

Les éditeurs de l’étude concluent, entre autres, que les gouvernements du Nord et du Sud doivent se retirer de l’AGRA et de tous les autres programmes de révolution verte. Ils devraient plutôt soutenir des approches plus durables et holistiques telles que l’agroécologie. L’agroécologie se concentre sur les besoins des petits producteurs de denrées alimentaires, sur leur droit à l’alimentation et sur leur souveraineté alimentaire.

L’étude « Fausses promesses : L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) » a été publiée par : Biba (Kenya), Bread for the World (Allemagne), FIAN Allemagne, Forum on Environment and Development (Allemagne), INKOTA-netzwerk (Allemagne), IRPAD (Mali), PELUM Zambie, Rosa Luxemburg Stiftung (Allemagne), Tabio (Tanzanie) et TOAM (Tanzanie). Une grande partie de l’analyse des données agricoles de cette étude est basée sur les travaux du scientifique de renommée internationale Timothy A. Wise.

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