Nouveau rapport : Qui finance l’avenir de l’agriculture africaine ?

L’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) lance un nouveau rapport qui pose une question cruciale : La Banque africaine de développement (BAD) finance-t-elle des systèmes alimentaires qui servent réellement les populations africaines ?

Basée sur une analyse de 20 projets agricoles soutenus par la BAD, cette étude, menée par le Dr Keiron Audain pour l’AFSA, révèle un schéma troublant. Malgré une rhétorique forte autour de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique, une part importante du financement de la BAD continue de renforcer les modèles agro-industriels construits sur des monocultures, des intrants synthétiques et des chaînes de valeur d’entreprise. Pendant ce temps, les systèmes de semences gérés par les agriculteurs, les pratiques agroécologiques, les marchés territoriaux et les connaissances autochtones restent sous-financés et marginalisés.

Le rapport met en évidence des lacunes persistantes en matière de transparence et de participation. Les communautés sont souvent consultées mais rarement habilitées à prendre des décisions. Les investissements qui affectent les terres, les moyens de subsistance et les régimes alimentaires sont trop souvent conçus sans véritable concertation avec les petits exploitants agricoles qui nourrissent le continent.

Alors que l’Afrique est confrontée à une escalade des chocs climatiques, de la perte de biodiversité et de l’insécurité alimentaire, les finances publiques ne peuvent pas continuer à soutenir des systèmes qui renforcent la dépendance, dégradent les sols et concentrent le pouvoir entre les mains des entreprises. L’Afrique n’a pas besoin d’une expansion aveugle de l’agriculture industrielle. Elle a besoin d’investissements dans l’agroécologie, la diversité des cultures, les systèmes de semences résistants et les économies alimentaires locales qui renforcent la souveraineté et le contrôle des communautés.

Ce rapport n’est pas une simple analyse. Il s’agit d’un appel à réorienter le financement agricole vers la justice, l’intégrité écologique et la souveraineté alimentaire. La BAD et les gouvernements africains doivent s’assurer que les ressources publiques construisent des systèmes alimentaires résilients et ancrés dans les communautés plutôt que d’ancrer des modèles qui les sapent.

Téléchargez le rapport complet ici.

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