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Nous sommes ravis d’annoncer le deuxième épisode du film « The Last Seed » intitulé « The Corporate Capture of African Agriculture » produit par la Fondation Rosa Luxemburg en partenariat avec l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique, Biowatch Afrique du Sud et PELUM Tanzanie. Cet épisode exposera la réalité alarmante de la manière dont les multinationales influencent l’avenir agricole de l’Afrique.

Dans de nombreuses communautés africaines, les femmes ont traditionnellement le contrôle de l’agriculture. Cet épisode met en lumière le danger que représente la perte potentielle de ce pouvoir au profit d’intérêts commerciaux, une situation qui pourrait entraîner une famine généralisée. Les femmes sont présentées comme les piliers qui préservent les riches traditions de l’agriculture africaine, et leur éviction de ce rôle est assimilée à une menace existentielle.

L’épisode met en lumière l’AGRA (Alliance pour une révolution verte en Afrique), lancée en 2006 et principalement financée par la Fondation Bill et Melinda Gates. Elle a été conçue comme un mécanisme permettant de réduire de moitié la faim dans 20 pays africains et de doubler les revenus et les rendements de plus de 30 millions de petits exploitants agricoles d’ici à 2020. Cependant, au lieu de tenir ses promesses, il semble que la faim ait en fait augmenté de 30 % dans ces pays.

Nous disséquons les défauts sous-jacents du modèle de l’AGRA, en soutenant que le récit de l’AGRA incarne l’échec de ce que l’on appelle la « révolution verte ». L’approche met l’accent sur un concept étroit de productivité, axé sur l’amélioration des rendements pour un nombre limité de types de céréales. Cette méthodologie ne tient pas compte des pratiques agricoles séculaires, de la sagesse et des stratégies de résilience dont dépendent les agriculteurs africains.

Les gouvernements, absorbés par ce récit, ont établi des lois et des politiques qui défendent cette vision biaisée de la productivité agricole, en promouvant l’utilisation de semences « approuvées », qui doivent répondre à des critères formels stricts. Les semences traditionnelles des agriculteurs sont ignorées et mises à l’écart, ce qui conduit à une vision déformée de ce qui constitue véritablement une semence.

L’accent mis sur le profit plutôt que sur la population conduit à privilégier les cultures à haute valeur ajoutée, telles que le maïs. L’implication d’entités étrangères et de leurs semences entraîne une dépendance croissante à l’égard de ces facteurs externes, ce qui érode essentiellement la souveraineté des nations africaines sur leur stock de semences. Cette situation est assimilée à une forme de néocolonialisme.

Notre savoir collectif sur les semences, cultivé au fil des siècles, risque d’être entièrement anéanti, et les agriculteurs sont en fait déqualifiés. Ils sont réduits à l’état de simples consommateurs, éloignés de la compréhension intime et du respect des semences qu’ils cultivent. Cet épisode de « The Last Seed » plaide en faveur de la requalification et de la responsabilisation des agriculteurs, étape cruciale pour se libérer de la domination des entreprises sur l’agriculture africaine.

Cet épisode est un cri de ralliement pour protéger ces semences, nos traditions et notre souveraineté. En cas d’échec, nos systèmes traditionnels, actuellement mis à l’écart, seront notre lueur d’espoir et notre moyen de survie.

Regardez le clip sur notre chaîne YouTube et participez à la lutte contre la mainmise des entreprises sur les systèmes alimentaires africains.

La conquete de l’agriculture africaine par les multinationales

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