Salutations !
Au Secrétariat de l’AFSA, nous avons entamé l’année 2020 avec un optimisme modeste. C’était le début d’une nouvelle décennie, avec un espoir et un engagement renouvelés pour faire avancer la voix africaine sur l’agroécologie et la souveraineté alimentaire.
L’année a apporté son lot d’événements qui ont changé la donne. La terrible nouvelle de la pandémie de coronavirus a bouleversé l’âme de l’humanité et de la planète. La pandémie a provoqué des bouleversements sans précédent dans les systèmes et les modes de vie humains. Elle a eu un impact sur presque tous les aspects de la vie sur terre, tuant des millions de personnes et poussant des milliards d’autres au bord de la faim, de la pauvreté, de l’inégalité et d’un chaos racial et social aux multiples facettes. Un coup dévastateur pour un monde déjà aux prises avec des crises liées au climat, à la biodiversité et au système alimentaire.
Cependant, à la fin de l’année, nous faisons une pause et nous réfléchissons. Chaque crise est une leçon et une occasion de changer et de progresser.
Nous sommes profondément encouragés par la prise de conscience mondiale de la nécessité d’une réforme structurelle du système alimentaire mondial, en abandonnant le modèle industriel au profit d’approches agroécologiques qui sont à la fois centrées sur l’homme et respectueuses de la nature.
Nous sommes également inspirés par la résilience des communautés locales et autochtones d’Afrique face aux insuffisances du système alimentaire mondial et à la crise de santé publique provoquée par la pandémie. Elle témoigne de l’importance de la diversité bioculturelle pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle et pour la résilience de l’avenir.
Nous avons vu l’humanité sous son meilleur jour en assistant à l’éruption de l’attention, de la compassion, de la solidarité, de l’imagination ingénieuse, de l’agilité et de l’adaptabilité de la nature humaine dans les moments les plus dévastateurs causés par la pandémie. Nous sommes reconnaissants pour cet acte d’amour et de gentillesse qui nous a poussés à viser haut et à rester optimistes malgré toutes les difficultés.
Nous vous remercions sincèrement, vous tous, membres, amis et personnes concernées, de nous accompagner, de nous encourager constamment, de nous remonter le moral, de nous donner des idées et des perspectives.
Enfin, nous avons voulu faire nos adieux à l’année 2020 en récitant le magnifique et édifiant poème du grand Ben Okri, tiré de Mental fight, 1999.
Nous sommes plus grands que notre désespoir
Nous sommes plus grands que notre désespoir
Les aspects négatifs de l’humanité
ne sont pas les plus vrais et les plus authentiques ;
Ce qu’il y a de plus authentique en nous
Notre capacité à créer, à surmonter
Endurer, transformer, aimer
Et d’être plus grands que nos souffrances.
C’est notre mystère qui nous définit le mieux
Que nous sommes toujours là, et que nous pouvons encore nous élever
Vers le haut, toujours créer de meilleures civilisations
Que nous puissions faire face à nos réalités brutes
Et que nous survivrons
Le plus grand désespoir
Que l’avenir plus lointain pourrait apporter.
Ben Okri, extrait de Mental fight, 1999.
Avec vos souhaits chaleureux et votre gratitude,
Million Belay, Coordinateur général


