Comment une école de filles ghanéenne mène une révolution alimentaire locale

Dans la municipalité de Wa, au Ghana, une transformation discrète mais puissante est en train de modifier la façon dont les jeunes perçoivent et apprécient leur alimentation. À l’école internationale Dan-Ibu, tous les mercredis sont entièrement consacrés aux repas indigènes, de la cantine aux boîtes à lunch en passant par les collations. Cette politique simple, introduite en octobre 2024 et menée par le Centre for Indigenous Knowledge and Organizational Development (CIKOD) dans le cadre de la campagne My Food is African de l’AFSA, a suscité une vague de fierté, de curiosité et de renouveau culturel.

Grâce à des ateliers, des foires alimentaires et des récits, les élèves ont redécouvert les bienfaits pour la santé, le patrimoine et l’environnement de plats traditionnels tels que le tuo zaafi, le banku, la soupe de noix de palme, la soupe d’arachide et l’apapransa. Le changement ne se limite pas au goût, il fait évoluer les mentalités. Les aliments locaux, autrefois cachés dans la honte, sont aujourd’hui célébrés comme étant élégants, désirables et profondément liés à l’identité et à la souveraineté.

L’impact dépasse les murs de l’école. Les parents préparent davantage de repas indigènes à la maison, les vendeurs proposent des plats traditionnels et les médias locaux amplifient la conversation. Les élèves ont formé un club d’ambassadeurs de l’alimentation locale, qui mène des activités de sensibilisation et encadre ses pairs. Bien que des difficultés subsistent, comme la disponibilité des ingrédients, des partenariats avec des agriculteurs et des groupes de femmes contribuent à combler le fossé.

L’expérience de Dan-Ibu inspire d’autres écoles et suscite l’intérêt de décideurs politiques désireux d’officialiser les « Journées de l’alimentation autochtone » à l’échelle nationale. Pour les élèves, la leçon est durable : leur nourriture raconte leur histoire – et ils sont déterminés à la faire vivre.

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