Transformation des systèmes alimentaires et agroécologie : La voie la plus sûre vers la justice climatique
Bakou, Azerbaïdjan – À l’occasion de la Journée de l’agriculture de la COP29, l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) souligne l’urgence d’une transition vers l’agroécologie et d’une transformation des systèmes alimentaires, étapes essentielles pour parvenir à la justice climatique. Alors que plus de 70 % de la population africaine dépend de l’agriculture pluviale et que le continent subit de manière disproportionnée les effets du changement climatique, l’agroécologie offre une voie éprouvée pour renforcer la résilience, protéger la biodiversité et garantir la souveraineté alimentaire de millions de petits exploitants agricoles, d’éleveurs, de pêcheurs et de communautés indigènes.
L’AFSA insiste sur le fait que l’agroécologie – une approche centrée sur l’homme et fondée sur la science qui associe les connaissances autochtones à des pratiques durables – est une solution clé pour renforcer la résilience et promouvoir la souveraineté alimentaire. Cette voie s’aligne sur les appels mondiaux en faveur d’une approche holistique des systèmes alimentaires, y compris l’intensification des pratiques agricoles durables, la réduction des émissions de l’agriculture industrielle et la création de cadres d’adaptation solides et dirigés au niveau local.
Position de l’AFSA sur l’agriculture à la COP29
Faire progresser l’agroécologie : L’agroécologie offre une solution systémique aux défis climatiques, en améliorant la santé des sols, en préservant la biodiversité et en réduisant la dépendance à l’égard des intrants chimiques externes. Elle garantit une alimentation saine et nutritive tout en favorisant l’équité sociale et les moyens de subsistance durables. Les parties doivent intégrer l’agroécologie dans les stratégies climatiques nationales et mondiales en tant que mesure d’adaptation et d’atténuation essentielle pour des systèmes alimentaires résilients. L’agroécologie devrait figurer parmi les thèmes à venir dans le cadre des travaux conjoints de Charm el-Cheikh sur la mise en œuvre de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.
Donner la priorité à la transformation des systèmes alimentaires: L’AFSA appelle à l’intégration complète de la transformation des systèmes alimentaires dans les politiques climatiques. Il s’agit notamment de promouvoir des pratiques agricoles durables, de réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de l’agriculture industrielle et de veiller à ce que les systèmes alimentaires résistent aux chocs climatiques.
Financement équitable de la lutte contre le changement climatique: La COP29 devrait proposer un nouvel objectif collectif quantifié (NCQG) donnant la priorité à un financement accessible et basé sur des subventions pour l’agriculture et les systèmes alimentaires, en mettant l’accent sur l’autonomisation des petits producteurs de denrées alimentaires et des initiatives menées par les communautés. D’après l’Adaptation Finance Gap Report 2023, l’énorme déficit de financement pour l’adaptation au climat affecte l’Afrique de manière disproportionnée.
L’AFSA exhorte les pays à reconnaître l’agroécologie comme une mesure d’adaptation et d’atténuation éprouvée dans les politiques climatiques, y compris les contributions déterminées au niveau national (NDC) et les plans nationaux d’adaptation (NAP). Les PAN sont un cadre essentiel pour l’adaptation au climat, et nous appelons à une conclusion rapide des négociations, en tenant compte de la vulnérabilité des pays en développement et de l’obligation des pays développés de fournir des moyens de mise en œuvre (MdM).
Nous appelons les parties à la COP29 à s’engager dans des actions audacieuses qui défendent l’agroécologie en tant que solution durable et équitable à la crise climatique. La transformation des systèmes alimentaires et le soutien aux communautés les plus vulnérables d’Afrique sont essentiels pour parvenir à une justice climatique mondiale.

