L’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) a publié une nouvelle note politique appelant les dirigeants africains à reconnaître et à soutenir de toute urgence les systèmes de semences gérés par les agriculteurs (SSGA) en tant que pierre angulaire de la résilience climatique, de la souveraineté alimentaire et des systèmes alimentaires durables sur l’ensemble du continent. Ce document sera officiellement lancé lors du Forum africain sur les systèmes alimentaires, organisé au Sénégal du 31 août au 5 septembre 2025, où des ministres et des décideurs africains de haut niveau se réunissent pour façonner l’avenir de l’alimentation et de l’agriculture.
Aujourd’hui, plus de 80 à 95 % des semences plantées par les petits exploitants agricoles en Afrique subsaharienne proviennent de ces systèmes dirigés par les agriculteurs, qui incarnent les connaissances agroécologiques ancestrales, préservent la biodiversité et garantissent la résilience face aux chocs climatiques. Les femmes et les jeunes constituent l’épine dorsale des systèmes de semences traditionnels – les femmes sauvegardent jusqu’à 90 % des connaissances en matière de semences traditionnelles – mais ces systèmes restent marginalisés par les lois restrictives sur les semences, les pressions exercées par les entreprises et les politiques favorisant les semences industrielles.
L’AFSA met en garde contre le fait que négliger les SSFM risque d’aggraver la perte de biodiversité, d’affaiblir l’adaptation au climat et d’aggraver l’insécurité alimentaire. En revanche, la reconnaissance et l’investissement dans les systèmes de semences forestières offrent une solution « made in Africa » à la crise alimentaire actuelle, qui réduit la dépendance à l’égard des importations de semences coûteuses, crée des emplois verts pour les jeunes, renforce l’autonomie des femmes et garantit une alimentation nutritive à des millions de personnes.
Principales recommandations
La note d’information invite les gouvernements africains à
- Reconnaître légalement les systèmes de gestion des semences dans les lois nationales sur les semences, en garantissant les droits des agriculteurs à conserver, utiliser, échanger et vendre librement leurs semences.
- Investir dans les infrastructures et le financement, y compris les banques de semences communautaires, la sélection participative et la formation des agriculteurs.
- Intégrer la SFM dans l’enseignement et la recherche, en soutenant la cocréation de connaissances entre les agriculteurs, les scientifiques et les institutions.
- Promouvoir l’inclusion et l’équité, en renforçant le rôle des femmes et des jeunes en tant que leaders et innovateurs dans les systèmes de semences.
L’AFSA souligne que les SSFM ne sont pas des reliques du passé mais des piliers vivants de l’avenir alimentaire de l’Afrique. Ils représentent un impératif stratégique pour sécuriser les systèmes alimentaires, protéger le patrimoine génétique de l’Afrique et réduire la dépendance extérieure.
Comme le conclut le mémoire, « la graine ne refuse pas de pousser, donnons-lui le terreau politique qu’elle mérite ».

