Lettre d’information de l’AFSA | Avril-juin 2026

Éditorial

Le deuxième trimestre de 2026 a été marqué par une évolution manifeste, passant du simple plaidoyer à l’influence, à la mise en œuvre et au changement institutionnel. Tout au long de cette période, le travail de l’AFSA s’est inscrit au cœur des travaux des assemblées législatives, des discussions commerciales régionales, des négociations mondiales sur le climat, des débats sur la politique financière et des espaces d’apprentissage communautaires. L’importance de ce trimestre réside non seulement dans le nombre d’activités menées, mais aussi dans la manière dont elles se sont articulées entre elles. Les droits sur les semences ont été mis en relation avec les droits de l’homme. L’agroécologie a été mise en relation avec le droit et le commerce. La restauration des sols a été mise en relation avec l’entrepreneuriat. La culture alimentaire a été mise en relation avec le pouvoir citoyen. La recherche n’a pas simplement servi à décrire les problèmes, mais à remettre en question les institutions et les modèles d’investissement qui façonnent l’avenir agricole de l’Afrique.

Plusieurs événements ont conféré à ce trimestre une importance particulière. Le projet de loi sur l’agroécologie de la Communauté de l’Afrique de l’Est est officiellement entré dans le processus législatif. La Déclaration de N’Djamena a donné un nouvel élan continental aux systèmes semenciers gérés par les agriculteurs. Les témoignages d’agriculteurs africains ont commencé à alimenter directement un processus des Nations Unies consacré au droit aux semences. Parallèlement, l’AFSA a remis en question les choix opérés par les grandes institutions financières, a fait progresser l’agroécologie dans les négociations sur le climat, a renforcé les marchés et les entreprises agroécologiques, et a recueilli des preuves concrètes issues de communautés qui restaurent les sols et développent des moyens de subsistance. Le lancement du guide « My Food Is African Barefoot Guide » a également élargi le débat au-delà des politiques, nous rappelant que les systèmes alimentaires se construisent au quotidien dans les foyers, les écoles, les marchés, les cuisines et la culture publique.

Ce numéro raconte donc une histoire de convergence. Les lois, les marchés, les semences, la finance, le climat, la culture et l’action communautaire sont souvent considérés comme des domaines distincts, mais ce trimestre a montré à quel point ils dépendent les uns des autres. L’AFSA a su tisser des liens entre ces différents aspects et placer les agriculteurs, les citoyens et les communautés africains au cœur de chaque débat. Il en ressort non seulement un compte rendu des activités menées à bien, mais aussi la preuve d’un mouvement qui se dote d’outils plus solides, de positions plus claires et d’une influence accrue sur les décisions qui façonneront l’avenir alimentaire de l’Afrique.

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