L’AFSA appelle à une révolution alimentaire continentale ancrée dans l’identité africaine, la santé et la souveraineté alimentaire

À l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation, les chefs africains s'unissent pour valoriser le patrimoine culinaire du continent, promouvoir l'agroécologie et placer la cuisine africaine au cœur de l'avenir de l'Afrique.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation 2026, l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA) appelle les citoyens africains, les gouvernements, les chefs, les agriculteurs, les jeunes et les acteurs du système alimentaire à se réapproprier le riche patrimoine alimentaire de l’Afrique et à placer une alimentation saine, culturellement adaptée et produite de manière écologique au cœur de l’avenir du continent. Dans le cadre de sa campagne panafricaine « Je Mange Africain », l’AFSA diffuse un message fort : l’alimentation africaine est une source d’identité, de dignité, de santé et de souveraineté, et son avenir doit être façonné par ceux qui la cultivent, la préparent et la consomment.

Partout en Afrique, les systèmes alimentaires traditionnels qui ont nourri les communautés pendant des générations sont de plus en plus menacés par l’agriculture industrielle, la place croissante des aliments ultra-transformés et l’évolution des habitudes alimentaires qui sapent les savoirs autochtones et les cultures alimentaires locales. Les aliments traditionnels africains, malgré leur extraordinaire diversité et leur importance culturelle, sont trop souvent présentés comme inférieurs, dépassés ou incompatibles avec les modes de vie modernes. Parallèlement, les petits agriculteurs, les femmes, les gardiens des semences et les producteurs alimentaires traditionnels qui soutiennent les systèmes alimentaires africains restent insuffisamment reconnus et soutenus.

Pour l’AFSA, inverser cette tendance nécessite un changement fondamental dans la manière dont les sociétés africaines appréhendent et valorisent l’alimentation. « Je Mange Africain » est un appel à nous réapproprier notre alimentation, notre santé, notre culture et notre pouvoir. Il remet en cause l’idée selon laquelle le progrès doit se faire au détriment des traditions alimentaires africaines et affirme que l’avenir alimentaire du continent réside dans la valorisation de sa riche diversité culinaire, le renforcement de la production agroécologique et le rétablissement du lien entre les personnes, la terre et l’alimentation.

Les chefs africains prennent les devants pour se réapproprier notre alimentation

La Journée mondiale de l’alimentation revêt cette année une importance particulière, alors que les chefs africains de tout le continent se réunissent pour traduire cette vision en actions concrètes. Du 12 au 16 octobre 2026, le réseau des chefs « Je Mange Africain » organise la première édition continentale de la « MyFIA Chefs Week », qui mettra à l’honneur les ingrédients locaux, les recettes traditionnelles, le savoir-faire alimentaire africain, ainsi que les agriculteurs et les communautés qui perpétuent ces traditions.

Cette initiative s’appuie sur le premier rassemblement historique des chefs africains et la réunion sur les politiques relatives aux systèmes alimentaires africains, organisés par l’AFSA à Addis-Abeba, en Éthiopie, en juillet 2025. Réunissant des participants issus de 23 pays africains, ce rassemblement a adopté la Déclaration des chefs africains, affirmant un engagement collectif à valoriser la cuisine africaine, à défendre les systèmes alimentaires autochtones et à renforcer le rôle des chefs dans la promotion de la souveraineté alimentaire.

Cet engagement prend désormais forme à travers un mouvement continental grandissant de chefs qui reconnaissent que leur responsabilité va au-delà de la simple préparation et du service des plats. Les chefs africains sont des éducateurs, des ambassadeurs culturels, des conteurs et des défenseurs de la souveraineté alimentaire capables de renouer le lien entre les consommateurs et les origines de leur alimentation, de mettre à l’honneur des ingrédients tombés dans l’oubli, de préserver les recettes ancestrales et de promouvoir les denrées issues de pratiques agroécologiques.

Tout au long de la Semaine des chefs, les chefs participants partagent des récits issus de leurs cuisines, de leurs fermes et de leurs marchés locaux, mettant en lumière le lien entre les semences autochtones, la santé des sols, les méthodes traditionnelles de préparation des aliments et l’identité culinaire africaine. La semaine s’achève par un rassemblement en ligne le 16 octobre, réunissant des chefs, des agriculteurs, des gardiens de semences, des journalistes et d’autres acteurs du système alimentaire afin de célébrer leurs efforts collectifs, de discuter de l’avenir de la cuisine africaine et d’envisager l’adoption de la Charte du réseau des chefs MyFIA.

L’importance de cette initiative va au-delà d’une simple célébration culinaire. Elle témoigne d’une prise de conscience croissante selon laquelle la transformation des systèmes alimentaires africains doit également s’opérer dans nos cuisines, nos restaurants, nos écoles et nos choix alimentaires quotidiens. En intégrant les aliments traditionnels africains dans les espaces culinaires contemporains, les chefs peuvent contribuer à remettre en question les perceptions qui assimilent les aliments importés et transformés industriellement à la modernité, tout en démontrant que le patrimoine culinaire africain offre des possibilités de création, d’innovation, de développement de moyens de subsistance et d’entrepreneuriat.

Une alimentation saine commence par un sol sain

Au cœur de la campagne « Je Mange Africain » se trouve un principe que l’AFSA considère comme fondamental pour l’avenir alimentaire de l’Afrique : ce que nous mangeons ne peut être dissocié de la manière dont notre nourriture est produite.

L’alimentation africaine est profondément liée à la terre, aux semences et aux savoirs écologiques qui ont nourri des générations de communautés agricoles. Sa valeur ne peut se mesurer uniquement à l’aune du goût et de la signification culturelle. Elle doit également être appréhendée à travers la santé des sols, la diversité des cultures, l’intégrité des systèmes de production et le bien-être des personnes qui la produisent.

L’AFSA appelle donc à une transition vers des systèmes alimentaires agroécologiques qui restaurent la fertilité des sols, protègent la biodiversité, préservent les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs et renforcent la résilience face au changement climatique.

La campagne attire également l’attention sur les préoccupations croissantes en matière de santé publique liées aux changements alimentaires néfastes et à la consommation croissante d’aliments ultra-transformés. La revalorisation de régimes alimentaires africains diversifiés, comprenant des céréales indigènes, des légumineuses, des légumes, des fruits et des aliments préparés de manière traditionnelle, constitue un élément important de la promotion d’environnements alimentaires plus sains et de la protection du patrimoine nutritionnel du continent.

Un sol sain, des semences saines, une alimentation saine et des personnes en bonne santé sont indissociables. Protéger l’alimentation africaine, c’est donc protéger les systèmes écologiques et culturels qui la rendent possible.

Innover aujourd’hui, nourrir demain : le savoir africain doit façonner l’avenir

Alors que la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de l’alimentation sur le thème retenu pour 2026, « Innover aujourd’hui. Nourrir demain », l’AFSA souligne qu’une innovation porteuse de sens doit reconnaître la valeur des savoirs, des pratiques et des ressources que les communautés africaines ont développés au fil des générations et s’appuyer sur ces acquis. Le thème mondial met en avant l’importance de combiner des solutions tournées vers l’avenir avec les savoirs traditionnels et des approches inclusives afin de garantir une alimentation nutritive pour tous tout en protégeant la planète.

Pour l’Afrique, l’innovation doit commencer par la reconnaissance de l’énorme potentiel déjà présent dans ses systèmes alimentaires. Les cultures indigènes, les semences gérées par les agriculteurs, les méthodes traditionnelles de conservation des aliments, les pratiques agricoles agroécologiques et le savoir-faire culinaire offrent des opportunités d’améliorer la nutrition, de renforcer les économies locales et de relever les défis environnementaux. Ces ressources doivent être protégées, développées et transmises aux générations futures.

L’AFSA estime que les chefs africains, en particulier les jeunes professionnels de la cuisine et les femmes entrepreneures du secteur alimentaire, ont un rôle important à jouer dans cette transformation. En associant des ingrédients traditionnels à la créativité culinaire contemporaine, en renforçant les relations avec les agriculteurs locaux et en faisant découvrir la cuisine africaine à de nouveaux marchés, ils peuvent contribuer à créer des moyens de subsistance tout en préservant l’intégrité et l’identité de la cuisine africaine.

Mais l’innovation doit également s’étendre au-delà de la cuisine. Elle nécessite des politiques publiques favorables, des investissements dans les entreprises agroécologiques, des marchés territoriaux plus solides, une meilleure reconnaissance des contributions des femmes et des systèmes éducatifs qui enseignent aux enfants africains la valeur de leur propre patrimoine alimentaire.

Un appel à se réapproprier l’avenir alimentaire de l’Afrique

À l’occasion de cette Journée mondiale de l’alimentation, l’AFSA appelle les gouvernements et les institutions africains à reconnaître la souveraineté alimentaire comme un fondement du développement durable. Cela nécessite des politiques qui protègent les systèmes semenciers gérés par les agriculteurs, soutiennent les petits producteurs alimentaires, promeuvent l’agroécologie et intègrent les aliments indigènes africains dans les stratégies nationales de nutrition, les programmes scolaires et les programmes publics d’approvisionnement alimentaire.

L’AFSA appelle également les chefs, les restaurants, les établissements culinaires et les entrepreneurs du secteur alimentaire à devenir des défenseurs actifs de la souveraineté alimentaire africaine en mettant à l’honneur les ingrédients indigènes, en s’approvisionnant auprès de producteurs agroécologiques locaux, en préservant les recettes traditionnelles et en faisant découvrir aux jeunes générations l’extraordinaire diversité de la cuisine africaine.

À l’intention des citoyens africains, en particulier des jeunes, le message est tout aussi clair. Notre patrimoine alimentaire mérite d’être célébré, protégé et transmis. Chaque recette traditionnelle préservée, chaque semence indigène protégée, chaque agriculteur local soutenu et chaque repas africain préparé avec fierté contribue à un mouvement plus large en faveur d’une population en meilleure santé, de communautés épanouies et d’une Afrique plus souveraine.

« Je Mange Africain » est une déclaration d’identité, un engagement en faveur de la responsabilité écologique et un appel à l’action collective. Cette initiative nous rappelle que notre alimentation nous relie à nos ancêtres, soutient nos communautés et ouvre des perspectives pour notre avenir. Se réapproprier la cuisine africaine, c’est se réapproprier les savoirs, les ressources et les choix qui déterminent la manière dont l’Afrique se nourrit.

Alors que les chefs africains s’unissent à l’occasion de cette Journée mondiale de l’alimentation, l’AFSA réaffirme son engagement à construire un mouvement continental qui célèbre le patrimoine culinaire africain, renforce les liens entre agriculteurs et consommateurs, et promeut des systèmes alimentaires fondés sur la justice, la santé, la biodiversité et la dignité.

Notre alimentation. Notre patrimoine. Notre santé. Notre avenir.

Je Mange Africain.

Cultiver avec la nature. Manger avec fierté. Vivre dans la dignité.

Campagne : #MyFoodIsAfrican | #JeMangeAfricain | #WorldFoodDay2026

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