Date d’entrée en vigueur : 18 juin 2021
Dr. Agnes Kalibata
Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour le Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires de 2021
Nous tenons à vous exprimer notre gratitude pour votre lettre datée du 26 mai 2021. Les membres de l’AFSA vous remercient d’avoir pris le temps d’expliquer comment vous répondez aux préoccupations de la société civile, y compris les nôtres.
Nous apprécions votre reconnaissance du rôle de la société civile et votre engagement à ce que nous restions une voix indépendante à l’avenir.
Nous apprécions particulièrement votre effort pour intégrer les treize principes agroécologiques, qui sont essentiels à la transformation du système alimentaire.
En outre, nous apprécions que vous reconnaissiez le CSA comme un forum légitime pour les négociations relatives au système alimentaire. Nous prenons acte des progrès que vous avez accomplis en ce qui concerne le droit à l’alimentation, les approches fondées sur les droits, la comptabilisation du coût réel des denrées alimentaires, le rôle du commerce, les subventions publiques et les efforts déployés pour lutter contre la production alimentaire non durable.
Néanmoins, après avoir examiné attentivement votre réponse, nous pensons toujours que nos préoccupations n’ont pas été prises en compte.
La création d’un volet distinct, coordonné par le Mécanisme, sur la libération du système alimentaire de la mainmise des entreprises, la véritable intégration de l’agroécologie en tant qu’élément transversal et central de l’ordre du jour pour la transformation du système alimentaire, l’équilibre déséquilibré des antécédents du groupe d’experts de l’UNFSS, dominé par les sciences naturelles, et l’intégration effective des connaissances et des pratiques des peuples autochtones sont des questions qui n’ont pas été suffisamment prises en compte dans votre réponse.
En effet, la trajectoire des négociations du sommet suggère encore fortement que ces questions, ainsi que d’autres questions cruciales, ne seront pas abordées dans le processus de l’UNFSS, tel qu’il est actuellement conçu.
En outre, vous affirmez que les entreprises individuelles ne sont représentées que par leurs réseaux d’entreprises ; cependant, nous pensons que ces réseaux ont en fait une capacité beaucoup plus grande à influencer le processus dans leur propre intérêt que les entreprises individuelles ne le pourraient. En ce sens, nous restons très préoccupés par les forces qui semblent avoir une influence indue sur les résultats du Sommet.
Par conséquent, nous sommes enclins à croire que l’UNFSS ne nous fournit pas, en tant que réseau africain de la société civile et des mouvements sociaux luttant pour la souveraineté alimentaire et les droits des paysans (tels que prescrits dans la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Paysans – UNDROP), une base sûre et suffisante pour un engagement utile.
Néanmoins, nous restons fermement attachés à l’Agenda pour une transformation positive des systèmes alimentaires mondiaux et africains, mais nous vous informons également que l’AFSA (conformément à la volonté de ses membres) ne participera pas au processus du Sommet.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués,
Million Belay
Coordinateur général
Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique

