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DÉFINIR LE CAP POUR UNE TRANSFORMATION JUSTE DES SYSTÈMES ALIMENTAIRES EN AFRIQUE

Nous, membres des acteurs non étatiques représentant divers acteurs de l’alimentation et de la nutrition de 35 pays africains, nous sommes réunis sous l’égide de l’AFSA à Addis-Abeba, en Éthiopie, du 16 au 18 mai 2024, pour faire le point sur la performance du cadre du PDDAA, de Maputo à Malabo, et pour contribuer au processus d’élaboration de l’agenda post-Malabo qui guidera la transformation agricole de l’Afrique au cours de la prochaine décennie.

Les nations africaines se sont réunies à Maputo, au Mozambique, en 2003, et ont adopté le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA). L’engagement était d’augmenter la productivité agricole de 6 % et d’allouer 10 % du PIB à l’agriculture pour atteindre cette croissance de 6 %. En l’absence de progrès notables, cet engagement a été suivi d’une stratégie décennale élaborée à Malabo.   les dirigeants africains se sont montrés      déterminés à réussir la mise en oeuvre du PDDAA. Malheureusement,  le quatrième rapport d’examen biennal indique qu’en dépit d’efforts significatifs dans la mise en œuvre de la déclaration de Malabo, le continent reste largement en deçà des objectifs de Malabo fixés pour  2025. En outre, selon le rapport SOFI 2023, l’Afrique reste la région la plus touchée, avec une personne sur cinq souffrant de la faim sur le continent, soit plus du double de la moyenne mondiale.

À l’issue de ces dix dernières  années de mise en oeuvre du CADDP, un processus est en cours afin d’élaborer une stratégie pour les dix années à venir, qui sera appelée « déclaration de Kampala », puisque la réunion aura lieu à Kampala en 2025.

Alors que la Commission de l’Union africaine se lance dans l’élaboration de l’agenda post-Malabo, nous souhaitons attirer son attention sur les questions suivantes afin de garantir que le processus ne reproduise pas les défis structurels et les problèmes systémiques qui ont empêché le continent de progresser dans la mise en œuvre de la souveraineté alimentaire de ses populations au cours des deux dernières décennies du PDDAA.

  1. Processus d’élaboration de l’agenda post-Malabo

Nous sommes préoccupés par le fait que la feuille de route post-Malabo a été communiquée tardivement (mi-mai 2024 ) à l’ensemble des parties prenantes, avec des échéances strictes qui nous semblent irréalistes  ce qui pourrait constituer une limitation à l’implication constructive et profonde des partie prenantes, limitant l’engagement constructif et une appropriation par les peuples d’Afrique comme envisagé dans l’agenda 2063 ‘’L’Afrique que nous voulons”.

Nous souhaiterions      rappeler à la CUA que l’     implication       active      limitée  les agriculteurs et les citoyens africains dans la conception et la mise en œuvre      du précédent cycle du  PDDAA pourraient etre considérer parmi les causes des résultats mitigés obtenus après 10 ans de mise en oeuvre. et de Malabo.

  1. Le cadre proposé

Concernant les 13 groupes de travail, nous souhaiterions attirer l’attention sur le besoin de reconsidérer ceux-ci à la lumière des domaines d’intéret reel des  peuples africains. Par ailleurs, la constitution des groupes de travail pourrait etre reconsidérer profondément avec pour but d’impliquer les principaux réseaux d’agriculteurs et des citoyens concernés au niveau Africain

  1. Théorie du changement

La future théorie du changement est l’un des éléments les plus critiques de l’avenir du PDDAA. Une théorie du changement basée uniquement sur le paradigme du productivisme doit être revue en profondeur pour refléter un agenda du système alimentaire purement africain . Sinon, elle risque de reproduire les mêmes défis structurels et systémiques qui continuent de saper la transformation agricole de l’Afrique.

  1. Le financement

Bien que les gouvernements africains restent engagés dans ce processus, nous sommes préoccupés par le fait que le financement national par les gouvernements africains reste limité. Cela limite le processus en termes de contenu, de contexte et d’appropriation par les populations africaines.

RECOMMANDATIONS

  • Délais: Revoir les calendriers menant à la déclaration post-Malabo à Kampala afin de donner aux États membres de l’UA et aux autres parties prenantes le temps de mobiliser et d’engager les personnes et les ressources nécessaires pour contribuer de manière constructive au processus. En outre, la CUA devrait élargir le cadre consultatif afin d’accroître la participation dans les groupes de travail des femmes, des jeunes, des petits exploitants agricoles, des groupes culturels, religieux et de consommateurs, ainsi que des organisations de la société civile.
  • Inclusion des acteurs non étatiques: Inclure des représentants des OSC/ASN et des agriculteurs dans les      groupes de travail techniques et les structures qui régissent le processus de développement post-Malabo.
  • Révision du cadre: Préparer une révision complète des indicateurs et des objectifs du cadre afin de refléter les réalités de l’Afrique et les capacités des gouvernements africains à mettre en œuvre, à rendre compte et à inclure les approches africaines du développement durable dans la transformation des systèmes alimentaires, par le biais de l’agroécologie.
  • Engagement de financement: Les États membres de l’Union africaine devraient s’engager à financer le développement de l’agenda post-Malabo.

En tant que membres d’acteurs non étatiques, nous restons déterminés à nous engager dans ce processus et à mobiliser davantage les autres parties prenantes pour qu’elles contribuent de manière constructive aux niveaux national, régional et continental

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