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Belém, Brésil – Novembre 2025 – Alors que les dirigeants du monde entier se réunissent pour la 30e Conférence des Parties (COP30) à la CCNUCC, l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA) a officiellement lancé une importante note d’orientation intitulée « Adaptation, Résilience et Atténuation grâce à l’Agroécologie ». Cette publication marque un moment décisif pour la société civile africaine dans les négociations climatiques, plaçant l’agroécologie au cœur de la stratégie du continent pour l’adaptation et la résilience face au changement climatique.

Regroupant une puissante coalition de 48 organisations en réseau représentant plus de 200 millions de petits producteurs alimentaires, d’éleveurs, de peuples autochtones, de jeunes, de femmes et de communautés confessionnelles dans 50 pays africains, la nouvelle note d’orientation de l’AFSA présente une argumentation solide et fondée sur des données probantes en faveur de la reconnaissance et de l’institutionnalisation de l’agroécologie comme solution climatique essentielle.

Le document souligne que l’agriculture africaine, qui emploie plus de 60 % de la main-d’œuvre du continent et demeure largement tributaire des pluies, fait face à des risques climatiques croissants qui menacent la sécurité alimentaire, les moyens de subsistance et les écosystèmes. Il appelle à un changement décisif, passant des discours à la mise en œuvre, à travers des stratégies d’adaptation fondées sur la science et portées par les communautés locales.

S’appuyant sur les résultats de la SB62 et sur les avancées du plaidoyer mené lors de la COP29 et des sessions précédentes, la note d’orientation de l’AFSA définit ses priorités autour de six grands axes thématiques : l’Objectif mondial d’adaptation (GGA), les Travaux conjoints de Charm el-Cheikh sur l’agriculture (SJWA), les Plans nationaux d’adaptation (PNA), les Contributions déterminées au niveau national (CDN), le Programme de travail sur la transition juste, et le Financement climatique. Elle appelle les Parties à garantir que l’agroécologie soit intégrée dans chacun de ces axes comme pilier central et mesurable de la résilience, de l’adaptation et de l’atténuation.

Dans le cadre de l’Objectif mondial d’adaptation (GGA), l’AFSA exhorte les Parties à adopter l’agroécologie comme facteur clé de la cible 9(b) du cadre d’indicateurs émergent, en reconnaissant ses contributions mesurables à la production alimentaire résiliente au climat et à l’accès équitable à une nutrition adéquate.

Concernant les Travaux conjoints de Charm el-Cheikh (SJWA), l’AFSA appelle à institutionnaliser l’agroécologie au-delà de 2026 comme approche holistique et systémique de l’adaptation agricole, et à faire du portail en ligne un outil inclusif et dynamique de coordination et de partage des connaissances.

Pour les Plans nationaux d’adaptation (PNA), l’AFSA souligne la nécessité d’intégrer des actions agroécologiques, en particulier les initiatives paysannes axées sur la santé des sols, la restauration de la biodiversité, la gestion de l’eau et les systèmes semenciers, tout en privilégiant un financement basé sur des subventions pour la mise en œuvre locale.

S’agissant des Contributions déterminées au niveau national (CDN), elle appelle les Parties à intégrer l’agroécologie comme stratégie à la fois d’adaptation et d’atténuation, permettant de restaurer le carbone des sols, d’améliorer la biodiversité et de renforcer la souveraineté alimentaire, tout en assurant la cohérence avec les PNA et les cadres de transition juste.

La note d’orientation appelle également les négociateurs à adopter un cadre de Transition juste dans l’agriculture, centré sur les petits exploitants, les femmes, les jeunes et les peuples autochtones, afin d’intégrer l’agroécologie dans les stratégies de décarbonation tout en protégeant les moyens de subsistance.

Concernant le Financement climatique, l’AFSA plaide pour des mécanismes de financement accrus, prévisibles et basés sur des subventions, garantissant que les initiatives agroécologiques menées par les communautés bénéficient d’un appui direct, accessible et traçable.

Les recommandations de l’AFSA aux Parties à la COP30 sont sans équivoque : reconnaître l’agroécologie comme pierre angulaire pour parvenir à des systèmes alimentaires justes et durables ; opérationnaliser des indicateurs d’adaptation reflétant les réalités locales ; institutionnaliser la participation des communautés de base à la gouvernance climatique ; et mettre en place des mécanismes transparents de suivi du financement climatique.

La note s’appuie sur de nombreuses données, montrant notamment que les pratiques agroécologiques peuvent réduire les coûts de production jusqu’à 60 %, restaurer la fertilité des sols par l’interculture de légumineuses, accroître les populations de pollinisateurs de 25 %, et diversifier les sources alimentaires pour améliorer la nutrition et la souveraineté.

Alors que la COP30 se déroule à Belém, la note d’orientation se présente comme l’appel de ralliement de l’AFSA pour que les Parties passent des engagements à l’action concrète, transformant les systèmes alimentaires africains par l’agroécologie — pour les peuples et pour la planète.

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